dimanche 6 novembre 2016

Généraux Ricard (Rue des)

La rue des Généraux Ricard, qui relie l'avenue de Lautrec à l'Avenue d'Albi, est connue par sa caserne des pompiers.
photo ; SDIS

Les Généraux Ricard sont deux frères : Etienne Pierre Sylvestre (1771-1843) et Joseph Etienne Raymond (1775-1855).

Etienne Pierre Sylvestre RICARD
Biographie de Etienne Pierre Sylvestre Ricard : ICI ou LA

"Général français de la Révolution et de l’Empire, né le 31 décembre 1771 à Castres dans le Tarn et mort le 6 novembre 1843 au château de Varès à Recoules, dans l'Aveyron.
Il est le fils de Jean Pierre Ricard, conseiller en la sénéchaussée de Castres et de Christine Devèze.

Il est nommé colonel en 1801 et chevalier de la Légion d'honneur le 5 février 1804, puis officier de l'ordre le 14 juin suivant. En 1805, il est affecté comme aide de camp du maréchal Soult au 4e corps de l'armée d'Allemagne. Promu général de brigade le 13 novembre 1806, il commande une brigade sous le général Morand, qui dirige la 1re division du 3e corps d'armée. Après s'être distingué à la bataille d'Iéna le 14 octobre 1806, il est nommé commandeur de la Légion d'honneur le 7 juillet 1807 après Friedland.

source
En 1808, il passe chef d'état-major du 2e corps de l'Armée d'Espagne et se distingue à la bataille de Wagram les 5 et 6 juillet 1809. Il passe de nouveau à l'armée d'Espagne en 1810. Il se fait remarquer au siège de Tarragone en 1811. L'année suivante, il participe à la campagne de Russie à la tête d'un contingent saxon. Il contribue à la prise de Dunabourg puis s'illustre à la bataille de la Moskova, où sa conduite lui vaut le grade de général de division le 10 septembre 1812 et le titre de baron de l'Empire.

Il se signale encore à Lützen le 2 mai 1813, où il gagne la croix de grand officier de la Légion d'honneur qui lui est accordée le 10 août 1813. Lors de la bataille de Hanau, les 30 et 31 octobre 1813, il remplace temporairement le général Joseph Souham blessé.

À la Restauration, Louis XVIII le fait chevalier de Saint-Louis et commandant de la 1re division militaire. Lors des Cent-Jours, Ricard accompagne le roi à Gand, refusant de se rallier à Napoléon. Au retour du roi, il est nommé pair de France le 17 août 1815. Son nom ne figure pas au scrutin dans le procès du maréchal Ney. Il commande ensuite les divisions de Toulon et de Dijon et entre en 1818 au comité d'état-major. Il fait l'expédition d'Espagne comme commandant d'une division sous les ordres du maréchal Lauriston.

De retour en France, il commande la 8e division militaire (Marseille) en juin 1825. Le 1er janvier 1829, il prend le commandement de la 1re division de la Garde royale du roi de France en remplacement de Louis Partouneaux.

Il siège à la Chambre haute jusqu'à sa mort, ayant prêté serment au gouvernement de Juillet. Il est finalement mis à la retraite de l'armée le 1er mai 1831, avant de mourir au château de Varès dans l'Aveyron le 6 novembre 1843. Il est inhumé dans le cimetière Saint-Amans-de-Varès dans l'Aveyron."

Il a son nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile.

Biographie de Joseph-Etienne-Raymond Ricard : "maréchal de camp, frère du major-général Etienne-Pierre-Sylvestre Ricard. Né le 26 novembre 1775 à Castres dans la famille du conseiller royal Jean Ricard et son épouse Christine Devèze. Il a pris part à la campagne de Saxe en 1813, se distingua à la bataille de Leipzig, a pris part à la campagne française en 1814. Décédé le 17 juillet 1855 à Auxerre (Yonne) à l'âge de 79 ans, il est enterré dans le cimetière de Saint-Amatre. Chevalier de la Légion d'Honneur (10 février 1810), officier de la Légion d'Honneur (7 novembre 1813), commandant de la Légion d'honneur (30 mai 1837), Chevalier de Saint-Louis (1er novembre 1814) "(source)

Tous ses états de service : ICI


Raymond Gaches (Rue)

Continuons dans le même quartier. Après Gérard Machet, évêque de Castres, nous voici en présence de Raymond Gaches, pasteur protestant...

source
Raymond Gaches (1615-1668) est pasteur protestant à Castres, puis à Charenton-Paris à partir de 1654. Il a publié des sermons et des poèmes.
Selon le site de l'Eglise Réformée de France - Castres, "les talents oratoires de ce pasteur castrais, excellent prédicateur, lui ont valu une grande célébrité et le surnom de "Bossuet protestant"."

Son père, Jacques Gaches, avocat, "occupa longtemps la chaîne de juge du comté de Lacaze pour le marquis de Bourbon-Malauze, dont il était le confident, et mourut à Vabre, à l'âge de soixante-dix-sept ans, le 27 juin 1651." (source)

Il a une fille, Esther, qui épousera Jean-Antoine Gaches, seigneur de Prades (source).

On en trouve une évocation dans l'ouvrage d'Alain Niderst : Madeleine de Scudéry, Paul Pellisson et leur monde (Publication de l'Université de Rouen, 1976). Raymond Gaches est connu pour être l'un des fondateurs de l'Académie de Castres :




Raymond Gaches ets l'auteur de nombreux ouvrages :
Voir ici sa bibliographie : http://www.prdl.org/author_view.php?a_id=300





samedi 5 novembre 2016

Gérard Machet (Rue)

Toujours dans le même quartier, la rue Gérard Machet porte le nom d'un confesseur et conseiller de Charles VII, évêque de Castres (1380-1448).

"Né vers 1380 dans le diocèse de Reims, proche du célèbre théologien Jean de Gerson, élève du collège de Navarre, puis maître en théologie et chanoine de Paris, Gérard Machet devient en 1420 confesseur du dauphin, futur Charles VII, et reste à son service jusqu'à sa mort en 1448. Pendant quelque vingt-huit ans, il est l'un des conseillers influents du roi, prend position en faveur de Jeanne d'Arc, défend le gallicanisme et la Pragmatique Sanction de Bourges, protège l'université de Paris, tout en administrant par des vicaires le diocèse de Castres, dont il est évêque à partir de 1432. Il laisse un recueil de près de quatre cents lettres, datant principalement des années 1440-1448, offrant un témoignage précieux sur l'état du royaume et spécialement sur les affaires religieuses de l'époque."

Gérard Machet, confesseur et conseiller de Charles VII, évêque de Castres (1380-1448), est le titre de la thèse d'Ecole des Chartes, écrite par Pierre Santoni. En voici quelques extraits, directement en rapport avec son rôle d'évêque de Castres :

"Quand Eugène IV, par bulles du 23 janvier 1432, pourvut Gérard Machet de l’évêché de Castres, il y avait quarante-deux ans qu’un confesseur de roi de France en exercice n’avait plus été promu à l’épiscopat."

"On a cru à tort que Machet avait reçu l’évêché de Castres dès 1423, quand il avait résigné son canonicat de Saint-Paul de Lyon (J. DENIAU, La commune de Lyon et la guerre bourguignonne, p. 164). Cette erreur a été reproduite dans l’Hommage à Gérard Machet publié à Castres en 1949. Vers la même époque elle fut gravée dans le marbre d’une plaque apposée en l’honneur du confesseur du roi dans la cathédrale de Castres."

"On est peu renseigné sur les débuts de l’épiscopat de Machet. Sa charge de confesseur l’empêcha constamment de résider à Castres, où il ne put faire que de rares visites. A défaut d’une visite personnelle, il commença par envoyer sur place un homme de confiance, son chapelain Guillaume Boucher.

"La non-résidence de Machet n’avait rien de scandaleux, étant donné les usages de l’époque, et il n’hésitait pas à parler à Jean de Coiffy de « la cause légitime de son absence »"
"Le 8 décembre 1433 il obtint du pape d’être dispensé de la résidence et de la visite ad limina, à cause de son office de confesseur, ainsi que la faculté de percevoir les procurations pour les visites pastorales accomplies par ses remplaçants. Il se fit faire un sceau épiscopal représentant la Nativité, qui ne subsiste plus que par un dessin de Gaignières". 

"Machet resta évêque de Castres jusqu’à sa mort. A plusieurs reprises cependant il avait été question de son transfert à un autre siège. "

"L’un des grands soucis de l’évêque de Castres fut l’achèvement de la reconstruction du chœur de sa cathédrale. On ne sait pas quand avait commencé cette entreprise, par l’effet de laquelle l’ancienne abbatiale de Castres, devenue cathédrale en 1317, lors de la création de l’évêché, fut dotée d’un chœur, édifié très probablement dans le style gothique, qui devait disparaître en 1585, pendant les guerres de religion".


Sur son rôle dans le procès de Jeanne d'Arc, on trouve des précisions dans Une étape capitale de la mission de Jeanne d'Arc, par Pierre Boissonnade (article extrait de la Revue des questions historiques, 1930) :
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Portrait de Charles VII
Tableau de Jean FOUQUET - Musée du Louvre

"Des deux confesseurs du roi et de la reine qui prirent part à l'enquête, le plus remarquable était Gérard Machet, l'un des théologiens les plus illustres de la première moitié du XVe siècle. Probablement d'origine tourangelle, Machet était depuis longtemps maître en théologie, titre avec lequel il figure au concile de Paris en 1413 avec Gerson, en même temps qu'il est qualifié chanoine de l'Eglise parisienne. Il était devenu plus tard confesseur de Charles VII qu'il accompagna depuis l'exode de 1418, et son caractère lui valut la confiance du prince qui en 1423 le gratifiait de divers dons. Il avait déjà figuré dans la commission d'enquête qui siégea à Chinon et avait été l'un des confidents du secret révélé au roi. Il semble bien qu'à Poitiers il ait été l'un des juges les plus favorables à la Pucelle. Cet ancien vice-chancelier de l'Université de Paris était l'un des partisans de la supériorité des conciles sur les papes. Il avait de nombreux amis dans le monde des clercs et des lettrés, comme le prouve sa correspondance encore inédite. Devenu évêque de Castres, créé même cardinal par l'antipape Félix V, il résidait volontiers en Poitou, car on a une de ses lettres datée de Lusignan en 1442. Il jouissait d'une réputation universelle. C'était, dit Ænéas Silvius (le futur pape Pie II), « un des plus grands savants et excellents théologiens » (inter theologos optime doctus) du monde chrétien. Il devait finir sa vie en sage chrétien retiré dans un ermitage près de Loches où il mourut en 1448 à l'âge de 68 ans. Il partagea ses dernières années entre la piété et une active correspondance avec ses amis. Tel fut l'un des principaux juges de la Pucelle, clerc éminent, d'esprit très ouvert, universellement respecté."


Un jugement beaucoup plus sévère est porté sur Gérard Machet, sans doute à tort, par JEAN-BAPTISTE-JOSEPH AYROLES (un Jésuite), dans son livre : L’UNIVERSITÉ DE PARIS AU TEMPS DE JEANNE D’ARC ET LA CAUSE DE SA HAINE CONTRE LA LIBÉRATRICE :
"Les auteurs du Cartulaire réputent Gérard Machet, le confesseur du roi, l’homme le plus doux de son temps, et l’on nous promet l’édition de ses lettres que l’on trouve à la Bibliothèque Nationale (f. latin, n° 8577). La connaissance que nous en avons prise nous le ferait plutôt juger comme un esprit indécis, un de ces caractères amis du repos et de la tranquillité qui veulent concilier l’inconciliable. Il a dû être l’inspirateur de la politique ecclésiastique de son royal pénitent. On voit qu’il tient à la Pragmatique Sanction comme à une œuvre personnelle. Grand partisan des conciles, il est cependant contraint d’avouer que celui de Bâle se transperce de son propre glaive, est un objet de dérision, et discrédite ces saintes assemblées. Le pseudo-Félix fut pour Machet un antipape, puisqu’il l’appelle avec affectation du nom d’Amédée dans une lettre où il le félicite de son retour à la santé ; et cependant il l’exhorte à arracher, à bâtir, à planter, comme s’il était le vrai pape, et comme si la première chose à arracher, ce n’était pas le schisme dont ledit Amédée était l’auteur. Le pseudo-Félix créa Machet cardinal ; Machet n’en porta jamais les insignes ; mais il remercie avec effusion de l’honneur qui lui est fait.

Machet est un gémissant. Il gémit sur les désordres de l’Église ; ils étaient immenses ! Y en avait-il de plus grand que de voir des évêques, durant des épiscopats prolongés, ne pas mettre les pieds dans leurs diocèses ? Machet ne visita jamais son église de Castres, pas même lorsqu’en 1441 et 1442 il accompagna son pénitent dans le Midi. Ses lettres cependant témoignent qu’il cherchait à se faire suppléer par de bons administrateurs. Pourquoi, lui qui affecte tant de zèle pour la réforme, n’en faisait-il pas les titulaires de fonctions qu’il ne pouvait pas remplir ? Il aime peu les réguliers, est plein de préventions contre Rome, d’affection pour l’Université de Paris, dont il avoue la pleine décadence, et qu’il veut relever, mais avec des docteurs séculiers. C’est un élève, un admirateur, un dévot de Gerson. Il possède les doctrines du maître, ce semble d’une manière quelque peu passive, sans se demander si elles sont toujours bien cohérentes."

Une enquête de Gérard MachetLe personnage de Gérard Machet sera repris par une romancière, Sonia Pelletier-Gautier, pour en faire le héros d'un thriller théologique, mêlant récit historique et roman policier : le Parchemin Maudit (éditions du Cerf).

Résumé du livre :
En 1441, alors que l'occupation anglaise prend fin, Charles VII entre dans Paris. Il charge Gérard Machet, son confesseur, évêque de Castres et professeur de théologie, d'enquêter sur la découverte du cadavre d'un étudiant en théologie ébouillanté, un livre de saint Augustin à ses côtés.
C'est à un véritable serial killer que, pour sa première investigation, est confronté Gérard Machet, le confesseur et confident du roi Charles VII. Sa chasse, terrible, sera sanguinaire.


jeudi 3 novembre 2016

Antonin Tirefort (Rue)

La rue Antonin Tirefort est une des rues du quartier pavillonnaire situé entre l'Avenue de Lautrec et l'Avenue d'Albi (quartier Sercloise).

Antonin Tirefort est né le 14 juin 1899 à Ferrières (Tarn), et décédé le 18 avril 1969 à Castres.

photo : Assemblée Nationale
Il fut militaire jusqu'en 1948, puis enseignant au Lycée Saint-Joseph de Castres.
En 1953, il devient conseiller municipal, puis adjoint au maire de Castres.
Député gaulliste du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967, il succède à André Vidal. Son successeur à l'Assemblée Nationale sera un certain Jacques Limouzy, futur ministre et maire de Castres.
On trouve sur les site de l'Assemblée Nationale sa biographie complète.

Sur l'origine du nom Tirefort, voir ICI. On notera l'origine tarnaise (et plus précisément Vabres, Ferrières, ...) de ce patronyme, et sa présence également dans l'Aude.





lundi 31 octobre 2016

Sabaterie (Rue)

Rue Sabaterie, en occitan Carriera de la Sabataria, c'est-à-dire des cordonniers, qui fabriquaient des "savates".
La ville de Bayonne possède également une Rue Sabaterie, ainsi que les villes de Valence (Drôme), de Saint-Antonin Noble Val, et certainement d'autres encore. Il y en a eu dans les villes d'Alès, de Bollène, de Béziers (actuellement rue du 4-septembre), d'Aix-en-Provence (actuellement rue Laurent Fauchier).

Cette rue va de la rue Camille Rabaud jusqu'à la Place Pélisson.

La petite histoire
On y trouve au n°5 une très belle porte Renaissance.
Dans cette rue se trouvait la Conciergerie, c'est-à-dire la PRISON !
Voici la description qui en est faite dans Justice et religion en Languedoc au temps de l'Edit de Nantes, la chambre de l'Edit de Castres (1579-1679), de Stéphane Capot :


Aujourd'hui
photo : source
Comme dans beaucoup de rues du Centre Ville, le commerce connaît des difficultés. Mais cette rue pittoresque, assez étroite, est malgré tout toujours très passante, et les commerçants restent mobilisés !
Cette rue a fait l'objet d'importants travaux de rénovation en 2012, non sans difficultés...


On y trouve notamment un artisan-horloger, Serge Nicouleau, au n°19. Et on y trouve encore aujourd'hui au n°22 une boutique de savates... chaussures de qualité (Cendrillon) !


mardi 25 octobre 2016

Sergent Bobillot (Rue)

Cette rue porte le nom d'un héros colonial, Jules Bobillot (1860-1885), sergent français qui s'illustra lors de la bataille de Tuyên-Quang, au Tonkin. Il fut victime des Pavillons noirs.


Jules Bobillot est né à Paris le 10 septembre 1860, où il grandit et fit ses études.
"Jules Bobillot se lance alors dans le journalisme et la littérature. Il est, en particulier, hors de ses articles de journaux, l’auteur de plusieurs romans et de trois pièces de théâtre dont « Une des ces Dames » et « Jacques Fayan ». L’une sera jouée avec un certain succès. Il poursuivra cette activité durant cinq ans.
A 23 ans, en 1883, il va s’engager au 4ème Régiment du Génie à Grenoble, où compte tenu de ses brillantes études et de ses aptitudes il obtient rapidement le grade de Sergent. En 1884, il se porte volontaire pour le Tonkin, où la France envoie un Corps expéditionnaire pour combattre les Chinois.
" (source)

source
"En 1882, le gouvernement chinois réclame l’évacuation des français. Le 23 novembre, la garnison de Tuyên Quang (Tonkin) au sud de Hagiang, est assiégée par des unités d’élite chinoises. Le sergent Bobillot, chef du détachement du 4e génie résiste pendant plus d’un mois. Grièvement blessé, il voit cependant sa garnison tenir jusqu’à sa délivrance le 3 mars. Transféré à l’hôpital d’Hanoï, il décède le 18 mars 1885" (source).

"Il devient rapidement un héros colonial, symbole du patriotisme promu par la Troisième République. Ses cendres ont été ramenées au cimetière Saint-Roch à Grenoble en 1966." (source)

A ce propos, certains s'indignent de cette "récupération" faite par la IIIe République pour sa politique coloniale : A lire ICI (in Rue des salauds: L'histoire leur a donné une rue... et pourtant !)

Dans Le rire moderne, d'Alain Vaillant, on lit également cette analyse :


Celui qui suit est également assez moqueur, notamment sur les motivations du Sergent Bobillot (in Sur une étoile de Marcel Schneider) :

Il y a sans doute du vrai dans ces analyses, mais c'est au fond très injuste pour les soldats français morts au Tonkin, et pour le Sergent Jules Bobillot en particulier.

Dans sa Nouvelle Histoire de la Légion étrangère, Patrick de Gmeline raconte le siège de Tuyên-Quang, et le rôle de Bobillot et de ses sapeurs en particulier.
A LIRE ICI.


On lira également ICI un témoignage très émouvant sur Jules Bobillot.

"Le Sergent Bobillot est désormais connu par les rues rue à son nom dans de nombreuses localités, notamment Béziers, Cannes, Courbevoie, Montreuil (Seine-Saint-Denis), Nancy et Paris" (source)
... et aussi Castres qui s'est associé à cet hommage.

A Castres, cette rue, sans issue, donne dans la rue Soeur Audenet, juste en face de l'entrée du Stade Pierre-Antoine.


lundi 24 octobre 2016

Sabatier (Rue)

Il s'agit bien sûr d'Antoine Sabatier (dit l'Abbé Sabatier, ou Sabatier de Castres), et non de Paul Sabatier (1854-1941), chimiste mort à Toulouse et dont l'université des Sciences porte le nom (la rue Sabatier portait déjà ce nom en 1886).
En voici une courte biographie, extraite de l'incontournable (?) Wikipédia :
"Antoine Sabatier dit l’abbé Sabatier de Castres, né à Castres le 13 avril 1742 et mort à Paris le 15 juin 1817, est un homme de lettres et journaliste français.
Il s’enfuit du séminaire de sa ville natale après avoir été seulement tonsuré mais garda le titre d’abbé. Il passa quelques années à Toulouse puis vint à Paris en 1766. Protégé par Helvétius, il rejoignit d’abord le parti des Philosophes, puis celui des défenseurs de la religion. Il prit pied à la Cour et fut pensionné quatre fois. Il émigra après la prise de la Bastille, habita longtemps Hambourg, où il publia quelques écrits, et ne rentra en France qu’au retour du roi. Sous la Restauration, son dévouement à la cause royale lui obtint une pension de 2 000 francs, qu’il trouva modique et peu proportionnée à la grandeur des services qu’il avait rendus. Il mourut chez les sœurs de Charité."

On trouvera dans le Dictionnaire des Journalistes (ICI) une biographie plus complète.

L'Abbé Sabatier de Castres, homme de lettres
"Il publia des poésies et des contes licencieux (les Quarts d'heure d'un joyeux solitaire, 1766), un roman (Betsi ou les Bizarreries du destin, 1769), puis se rangea aux côtés des antiphilosophes. Ses ouvrages les plus connus sont le Dictionnaire de littérature (1770) et les Trois Siècles de la littérature française (1772) ; il y attaque Voltaire et les Encyclopédistes, mais ménage Rousseau."
Les quarts d'heure d'un joyeux solitaire, encore attribué à Sabatier de Castres par Larousse, Wikipédia et Cie, fut ré-imprimé en 1882 et attribué à l'Abbé de La Marre. On y lit en effet dans la notice que "quoique l'on ait souvent attribué ce petit recueil à Sabatier de Castres, et que Viol[l]et-le-Duc lui donne même pour père Félix Nogaret, nous croyons devoir imprimer - sur l'affirmation positive de différents bibliophiles érudits qui compulsèrent à cette intention les manuscrits du temps, - le nom de l'abbé de La Marre en tête de ce petit livre, comme étant le véritable auteur de ces rimes joyeuses." (source).

Sa traduction du Décaméron de Boccace n'est pas appréciée de tous... Dans sa préface à une nouvelle traduction du Décaméron publiée en 1879, Francisque Raynard n'est pas tendre avec Sabatier de Castres:
"La seconde traduction est de Sabatier de Castres ; elle date de la fin du siècle dernier. C’est la plus répandue ; c’est la seule à vrai dire que le public ait à sa disposition, et on peut affirmer qu’elle n’a pas peu contribué à donner de l’œuvre capitale de Boccace une idée absolument fausse. C’est pour Sabatier de Castres qu’aurait dû être inventé le fameux proverbe : Traduttore, traditore, traducteur, traître. Il n’est pas possible, en effet, de tronquer, de défigurer plus effrontément l’œuvre qu’on a la prétention de faire connaître" (source).

Son opposition aux philosophe se manifesta dans un ouvrage de polémique littéraire, un de plus, mais pas le  moindre, à l'encontre de Voltaire : Tableau philosophique de l'esprit de M. de Voltaire, pour servir de suite à ses ouvrages et Mémoires à l'histoire de sa vie, publié en 1771.
Il parut sous le voile de l'anonymat, mais lui fut attribué, à lui, l'un des critiques littéraires les plus connus et renommés de son temps.
" Dans ce volume, il passe en revue tous les auteurs qui eurent à subir les attaques de Voltaire (de Jean-Baptiste Rousseau à Jean-Jacques Rousseau en passant par l'Abbé Nonotte ou l'Abbé Fréron), et prend leur défense de facon argumentée. L'ouvrage se termine par la curieuse "Profession de foi" de Voltaire, passée devant Notaire et Témoins, le 15 avril 1769. Au bas de la derniere page, l'Abbé Sabatier de Castres écrit : "Ici l'auteur s'arrête, en attendant que les fureurs de M. de Voltaire lui fournissent de quoi former un autre volume"." (source).

Quant à l'opinion de Voltaire sur l'Abbé Sabatier de Castres, nous la trouvons dans Les Honnêtetés Littéraires, ouvrage de Voltaire, à lire ici.
Condorcet également participa à la controverse philosophique, en rédigeant la Lettre d’un théologien (Condorcet) à l’auteur du Dictionnaire des Trois Siècles (Sabatier de Castres), en août 1774.

L'Abbé Sabatier de Castres, journaliste
Il fut également journaliste, pendant la révolution française. Son journal s'appelle le"Journal politique et national", auquel participe notamment Rivarol.
"Les royalistes eurent également leurs feuilles. Parmi les plus connues on compte les Actes des Apôtres, de Peltier, où écrivaient Rivarol et Suleau, le Mercure de France, dont Mallet du Pan était un des principaux rédacteurs, le Journal politique, de l'abbé Sabatier de Castres. Cette presse contre-révolutionnaire disparut avec la royauté. La Commune ordonna l'arrestation des "empoisonneurs de l'opinion publique" (Suleau fut assassiné, Rivarol et Mallet du Pan émigrèrent), la peine de mort fut promise à qui proposerait le rétablissement de la monarchie. La presse girondine disparut elle aussi après la chute des Girondins." (source).

Il s'opposa à la déclaration des droits de l'homme. Le 2 août, dans un article du Journal politique et national, "l'abbé Sabatier de Castres critiqua le projet de faire précéder la constitution d'une déclaration des droits de l'homme : « Craignez que les hommes, auxquels vous n'avez parlé que de leurs droits et jamais de leurs devoirs, que des hommes qui n'ont plus à redouter l'autorité royale ne veuillent passer de l'égalité naturelle à l'égalité sociale, de la haine des rangs à celle des pouvoirs, et que de leurs mains rougies du sang des nobles, ils ne veuillent aussi massacrer leurs magistrats »." (source)

On soupçonne Sabatier de Castres d'avoir volé à Rivarol ses textes... A lire ICI :
"(Rivarol) travaillait, dès ce moment, à sa Théorie du corps politique, ou, du moins, il commençait à la ruminer. Aucune page ne semble en avoir jamais été rédigée, mais il en avait dressé le plan, marqué les chapitres. Ce manuscrit fut dérobé à sa mort par l'abbé Sabatier, en même temps qu'un écrit, entièrement achevé, De la Souveraineté du peuple. Avec ces deux oeuvres, l'abbé Sabatier en composa une troisième (De la Souveraineté. Altona, 1806). Outre que les idées de Rivarol sont trop personnelles pour pouvoir être volées, l'abbé eut la maladresse de mêler à ses larcins inédits, des larcins imprimés : comme les Chinois bourraient autrefois de copeaux de santal une caisse de porcelaines, il a comblé les vides de son in-octavo avec des fragments du Discours préliminaire. Les voleurs intelligents sont très rares; mais celui-ci était très bête. La vanité l'aveuglait, d'ailleurs, et il se croyait en droit, égal de Rivarol par l'intelligence, de lui donner, au nom des vrais bons principes, des leçons de morale et de logique. Je crois qu'il serait possible d'extraire du volume de Sabatier une centaine de pages qui seraient à peu près de Rivarol".
La réputation de notre Sabatier en prend un coup !


La rue Sabatier
La rue Sabatier est une des rues centrales de l'Ecusson, très commerçante, dans le prolongement de la rue Henri IV, et elle-même prolongée par la rue Gambetta. Elle part de la place Jean Jaurès, en direction de Toulouse.
Elle a fait l'objet en 2015 d'importants travaux de rénovation, à la grande satisfaction des commerçants à l'issue des travaux....
photo la Dépêche du Midi
Le principal magasin de cette rue est le Monoprix, autrefois appelé "aux Dames de France". Pour en savoir plus sur ces magasins : ICI.
source : Gallica.bnf.fr
source

dimanche 23 octobre 2016

Montlédier (Rue)

La rue Montlédier (Carriera dels Montlediers) fait partie de ces rues qui existaient déjà en 1454 (selon les procès-verbaux de la Société littéraire et scientifique de Castres). C'est une rue étroite, partant de la rue Emile Zola, jusqu'à la rue de l'Hôtel de Ville.
Elle s'est élargie, au croisement avec la rue Emile Zola, suite à un incendie en 2005 : les bâtiments ont été rasés, et ont laissé place au Square Gustave Flaubert (voir cet article de La Dépêche).
photo : DDM

A voir dans cette rue :
- Dans la rue Montlédier, au fond d'une cour, s'ouvre une très belle porte surmontée d'une devise richement encadrée au XVIIe siècle et un patio à colonnades qui conserve un bel escalier à rampe de fer forgé.
- Dans la même rue Montlédier, l'hôtel de Montfort, repris à la fin du XVIIIe siècle, a conservé dans sa façade sur cour les arcades d'un cloître roman supporté par de lourdes et basses colonnes de grès.

Origine du nom de cette rue :
D'après la Toponymie des rues de Castres, (Louis Montagut, 1979), Montlédier est le nom "d'un ancien domaine seigneurial ayant appartenu à la famille "De Villette" venue s'établir dans notre région au XIIIe Siècle lors de la Croisade contre les Albigeois".
Cette définition, encore une fois, nous laisse un peu sur notre faim... Commençons nos recherches : on trouve en effet à Pont de l'Arn le château des Seigneurs de Villettes de Montlédier.
Mais l'origine de cette famille et du château est signalée encore antérieurement :
"Vers le 10ème siècle en effet, les Seigneurs de la Villette firent construire le Château de Montlédier. Ils possédaient tous les terres du Nord de l'Arn et du Thoré. Au pied du château fut établit un pont unique qui traversait la rivière de l'Arn." (source).


Concernant François de Villette, seigneur de Montlédier, on trouve dans l'Histoire du Protestantisme dans l'Albigeois et le Lauragais, de Camille Rabaud, ces indications :


La Notice généalogique sur la famille de Villettes de Montlédier, par Gaston Tournier, parue dans le Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, nous confirme que l'origine du nom de cette rue est bien François de Montlédier :"Une rue de Castres porte depuis le XVIIe Siècle le nom de Montledier, en souvenir de ce digne gentilhomme ; c'est tout auprès de cette rue que s'élevait, sous le régime de l'édit de Nantes, le principal temple de la ville."

Voici l'introduction de cette notice :

Lors de la prise de Castres par les Protestants en 1562, François de Villettes n'hésita pas à faire prisonnier Claude d'Oraison, évêque de Castres... qui luttait avec opiniâtreté contre le Calvinisme.


Origine du nom Montlédier :
Montlédier viendrait de "Montlaidier" signifiant le "mont laid". Le précipice imposant au bord de ce mont était si effrayant que les locaux trouvaient cela "laid" (source), reprenant l'interprétation de Borel.

Une autre origine est indiquée ici :
"Montlédier doit venir de « mont » et du nom propre germanique Leutharius, latinisé en Letarius (Letario, XVème siècle, Corpus christianorum, vol CXVII, p 502-503)" (source)


Une commune du Périgord, Mouleydier, porte un nom assez voisin, dont voici l'origine (source)

Forme française
MOULEYDIER
Forme occitane
MONT LEIDIÈR
Etymologie
probablement le mont de Liderich (nom de personne d’origine germanique), puis attraction de l’occitan leidièr (percepteur, collecteur d’impôt)

Autre version :
Le nom de la commune apparaît pour la première fois en 1213, et en 1215 dans l’appellation « Castrum de Monte Leydério ». Il signifierait le « droit de passage sur la colline ».

samedi 22 octobre 2016

Soeur Richard (Rue)

La rue Soeur Richard va de la Place Soult jusqu'à l'avenue Lieutenant Jacques Desplats (ou plutôt passant dessous, puisqu'elle rejoint la rue Ernest Barthes, et se prolonge par la rue du Pont de Brassac).

Soeur RICHARD (Madeleine) "fit des dons pour transformer la maison de Jacques Fournials en hôpital. Elle y consacra 62 ans de sa vie" (in Toponymie des Rues de Castres, Louis Montagut, 1979).

Cette explication est un peu rapide... Qui est donc ce Jacques Fournials ?
L'Étude historique sur Jean-Sébastien de Barral, évêque de Castres, 1752-1773, par Anacharsis Combes, nous en apprend plus sur cet homme :
"Ce fut en 1714, au moment où la ville grosse d'un trop plein d'habitants cherchait à en rejeter une partie hors de murs de sa primitive enceinte, que Jacques Fournials, chanoine, mourut, laissant sa maison pour servir de siège à un nouvel hôpital, avec les rentes nécessaires à sa prospérité. Cette donation permit de colloquer les malades hors des fossés de la ville, du côté du levant, vis-à-vis le cimetière de la Paroisse Saint Jacques."

Le site du CHIC Castres-Mazamet apporte des précisions sur l'histoire de l'Hôtel-Dieu :

"L'Hôtel Dieu qui s'appelle actuellement la Villégiale Saint-Jacques fut ainsi fondé en 1269 par un certain Pierre DERT afin d'accueillir les pèlerins en route vers Saint-Jacques de Compostelle qui faisaient étape à Castres pour y vénérer les reliques de Saint-Vincent. D'abord édifié sur le terrain qui forme la place Fagerie, il fut tranféré en 1724 en son emplacement actuel dans une maison léguée par le chanoine Jacques FOURNIALS. Au cours du demi-siècle suivant, le renforcement de la garnison, l'installation des soeurs de Saint-Vincent-de-Paul (1765) et l'action des Docteurs ICART et PUJOL contribuèrent à son développement. Au XIXème siècle, de nouvelles constructions ont été entreprises à l'initiative des Soeurs RICHARD, AUDENET et PECHAUT et de l'administration militaire. Aujourd'hui résidence de retraite médicalisée (Prix national 1994 de l'innovation), la Villégiale Saint-Jacques abrite aussi l'Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI)."


A noter dans cette rue :
La maison natale de Jean Jaurès, né à Castres le 3 septembre 1859, se situe au n°5 de cette rue Sœur Richard (anciennement rue Réclusane). Elle se signale par une plaque commémorative : " Ici est né le 3 septembre 1859 Jean Jaurès". Cet édifice est inscrit au titre des monuments historiques.

Jean Jaurès est né de Jules Jaurès, négociant, et de Marie-Adélaïde Barbaza. Jean Jaurès eut un frère Louis, et une soeur Adèle, qui vécut seulement quelques mois.
Sur Jaurès dans le Tarn, on peut se reporter à ce site : http://www.lindigo-mag.com/Sur-les-pas-de-Jaures-dans-le-Tarn_a578.html

photo Google Street
L'ancien nom de cette rue était rue Réclusane.
On trouve également à Toulouse une rue Réclusane.

"Son origine provient du verbe occitan «reclaure» qui signifie reclure, s'enfermer.
Au XIVe siècle, la vie religieuse était très intense. On trouve les «reclus», religieux mystiques et contemplatifs soit dans des monastères, soit vivant seuls chez eux" (source : http://www.ladepeche.fr/article/2003/07/30/187478-rue-reclusane.html).

Autres précisions, dans les Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, Volume 3 :

mardi 23 juin 2015

Alquier-Bouffard (Louis) (Rue)

source : Geneanet
La rue Alquier-Bouffard est une rue piétonne, presque parallèle à la Place Jean-Jaurès. Rue commerçante, elle se situe dans le prolongement du Pont Neuf et de la rue Villegoudou.

Anne Louis Adolphe Alquier-Bouffard est né à Castres le 6 septembre 1822, dans une famille de la bourgeoisie protestante, au château de Bouffard. Il fut élève de l'École polytechnique, devint capitaine du Génie militaire et participa à la conquête de l'Algérie, où il contribua à la construction de routes, du télégraphe et de systèmes d'irrigation. Il fut Maire de Castres et trésorier-payeur général du département de l'Aude. (source : Wikipédia)

En voici une intéressante biographie (source : Geneanet) :
"Louis Alquier-Bouffard (1822-1911) polytechnicien comme son oncle Auguste Gleizes, il servit également dans le Génie. Nommé lieutenant en 1845, capitaine en 1848 il participe à la conquête de l’Algérie où il dirige la construction de routes, de télégraphe et de réseaux d’irrigation. En 1854 en Crimée, avec sa compagnie du 1er Génie, il prend part au siège et à la prise de Bomarsund, puis sur la frontière espagnole il termine la construction du fort d’Urdos.
En 1859 démissionnaire de l’Armée, il se retire dans sa propriété de Bouffard. L’année suivante il est élu conseiller municipal et désigné comme maire de Castres. À trente-huit ans, riche d’une expérience technique que lui a apportée l’Arme du Génie, appartenant par son milieu à la bourgeoisie démocrate, le nouveau maire se situe dans le camp des adversaires du conservatisme et du légitimisme. Son arrivée à la tête de la municipalité coïncide au plan local avec l’élection d’hommes de progrès et au plan national avec la mise en place par l’empereur d’une politique de réformes et d’ouverture en direction de l’opposition de gauche. Favorisé de surcroît par les conditions d’une certaine prospérité économique, Alquier-Bouffard va pouvoir réaliser une grande œuvre qui, en dix ans, transforme Castres.
En 1870, la chute de l’Empire entraîne la dissolution des conseils municipaux et généraux. Alquier-Bouffard est néanmoins nommé président de la Commission municipale et de la Commission départementale. Il restera encore huit ans conseiller municipal arrivant en tête de la liste municipale républicaine aux élections de 1874 malgré l’hostilité déclarée de l’administration préfectorale et du parti réactionnaire. Arrivé en tête à nouveau au premier tour des législatives de 1876, il se désiste pour assurer la victoire du candidat républicain. Désabusé, il aurait eu ce mot acerbe pour désigner ses concitoyens de Castres : “sale pays, sales gens, sale vent”.
Nommé trésorier payeur général dans l’Aude, puis dans l’Ariège**, il se retire en 1891 à Lavelanet, dont il avait hérité de son cousin germain Jules Gleizes ; veuf, il y vécut les vingt dernières années de sa vie, et accepta d’assumer les fonctions de maire*, comme le firent à leur retraite ses prédécesseurs, son grand-père Joseph de Caffarelli et son oncle Auguste Gleizes."
* de 1892 à 1911
** Par décret du Président de la République, en date du 1er octobre 1879, rendu sur la prosition du ministre des finances : M. Alquier-Bouffard (Anne-Louis-Adolphe), ancien officier, ancien maire de Castres, nommé, par décret du 12 août 1879, à la recette particulière des finances de Blaye (Gironde) et non installé, a été nommé receveur particulier des finances de l'arrondissement de Pamiers (Ariège), en remplacement de M. Jodocius, qui a reçu une autre destination.
M. Jodocius (Auguste), receveur particulier des finances à Pamiers (Ariège), a été nommé receveur particulier des finances de l'arrondissement de Blaye (Gironde), en remplacement de M. Alquier-Bouffard (source : Gallica)
Notes : les-rues-de-castres.blogspot.fr

Louis Alquier-Bouffard fut donc Maire de Castres, sa ville natale, sous le Second Empire, de 1860 à 1871. Son expérience acquise en Algérie, alors colonie française en pleine expansion, lui servira dans la gestion de sa ville :
"La ville doit à son administration un grand nombre d'améliorations parmi lesquelles : l'installation de fontaines publiques, l'édification d'une halle aux grains en fer et en fonte, la construction de plusieurs bâtiments scolaires ou autres et la gratuité de l'enseignement primaire" (Source : Toponymie des rues de Castres, par Louis Montagut).
A noter également "l'installation du télégraphe en 1861, (...), l'obligation d'établir des fosses d'aisance en 1864, la construction d'une salle de concert de 300 à 400 places qui servira jusqu'en 1903". "Il impulse la numérotation des maisons et la pose de plaques indicatrices des rues en 1868 ! Les jardins Frascaty et du Mail ont aussi été créés durant sa fonction, en 1867 ; en parallèle, entre 1865 et 1868, a été construite une halle aux grains métallique sur la place de l'Albinque, sur le modèle des halles centrales de Paris" (source : article La Dépêche).

Marié le 21 avril 1858 à Marie-Marguerite Forcade (1836-1888), ils eurent six enfants : Eliza, Henry, Mathilde, Edouard, Marguerite et Paul.
Louis Alquier-Bouffard est décédé le 30 novembre 1911, au château de Lavelanet de Comminges, à l’âge de 89 ans (source : Geneanet).

Il fut promu au grade de chevalier de la Légion d'honneur le 5 septembre 1854, puis officier par décret du 14 août 1867. Il fut également officier de l'Instruction publique et décoré de la médaille de la Reine Victoria (expédition de la Baltique) (source : Leonore).



On trouvera ici la liste des maires de Castres : http://www.francegenweb.org/mairesgenweb/resultcommune.php?id=14217
Liste plus complète que celle de Wikipédia (avis aux amateurs qui auront la patience de remplir le tableau...) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Castres#Liste_des_maires

On lira ici une très intéressante étude sur la famille BOUFFARD, dont est issu Louis Alquier-Bouffard, mais également Jean Bouffard, dont une place porte le nom à Castres.